Une patiente vient de se pendre, la deuxième en quatre mois.
La première je ne l'avais pas vu depuis quelques mois, mais la deuxième il n'y a pas longtemps. Comme c'est tout frais, je ne peux pas raconter sa vie, des lecteurs vont la reconnaître (les pendaisons font user beaucoup de salive) mais dans certains cas, une situation inextricable peut faire choisir une voie on ne peut plus brutale et définitive. Et ainsi on n'a plus de problèmes .
Je lui avais proposé de me téléphoner pour me raconter tout (genre bouée de secours), elle ne l'a pas fait, son choix était déjà arrêté; je n'avais pas capté que le calme que j'avais perçu dans ses yeux récemment témoignait d'une décision mûrie et assurée, ni que le fait qu'elle ne se plaignait plus de sa situation n'était pas de bon augure.
Je respecte, et je penserai à elle comme quelqu'un qui s'est dévoué à tout moment pour sa famille, et à son travail.