dimanche 31 décembre 2017

Le médecin de recours est l'allié de la victime

Une de mes victimes avait un problème cutané suite à un traitement aux UV un an auparavant; nous sommes allées en expertise, moi, convaincue de sa bonne foi.

Devant monsieur l'expert elle a raconté comment les séances d'UV se sont passés. L'expert n'avait par l'air content. Et pour cause : il a ressorti après un vieux dossier hospitalier d'une dizaine d'années avant disant que les UV avaient été une réussite ! La suite de l'expertise a été un fiasco. 

En analysant la situation:
- l'expert n'aurait jamais dû jamais gardé par devers lui le dossier, nous étions en expertise contradictoire, c'est à dire chaque partie devait avoir le dossier complet.
- Ma victime n'a pas été honnête, ni avec moi ni avec l'expert. 

Quand j'ai fait part  à la victime de mon mécontentement, elle m'a répondu: "vous n'aviez pas à le savoir, c'est autrefois".

C'est "tirer sur l'ambulance". Je n'ai pas pu l'aider et il ne m'a pas fait confiance.
Mais si j'avais eu tous les élément, je lui aurais déconseillé  de porter plainte.

Conclusion: si on doit se faire aider par un médecin de victime, autant lui faire confiance.

vendredi 29 décembre 2017

Tout prouver

Un point que je n'ai jamais abordé dans ce blog:
"La charge de la preuve appartient à la victime".
Que cela implique-t-il?

Ça veut dire que,
- si on veut se faire indemniser de son sport qu'on ne peut plus pratiquer, il faut prouver qu'on en fait, une licence de foot suffit, un abonnement en salle de sport aussi.
- si on veut se faire indemniser d'une fracture au pied par exemple, si ce n'est pas marqué dans le certificat médical initial, il faut réclamer le dossier à l'hôpital et fureter dedans, y compris dans les compte-rendus d'infirmier "a une douleur au pied".
- Si on a perdu un travail à cause de l'accident, il faut prouver qu'on en avait un, ou une promesse d'embauche: une de mes victime démarrait son premier jour de travail quand elle a été percutée. Cela n'a pas été reconnu en expertise, on part en expertise contradictoire.
- Si on veut que les kilomètres pour aller voir les différents intervenants soient remboursés, on prend par exemple le relevé de remboursement de la Sécu.

Prouver, prouver, prouver. La bonne foi ne suffit pas.
Il y a des règles en expertise, et si c'est dommage pour certains, cela permet de fixer les limites.

Sinon, on peut dire, comme une fausse victime  du Bataclan "j'y étais, je suis victime" et ce n'est pas vrai; il paraît que son téléphone l'a trahie. 

mardi 26 décembre 2017

Malade après un vaccin contre l'hépatite B, elle fait condamner l'Etat

L'Etat a été condamné par la cour administrative d'appel de Nantes à verser plus de 190.000 euros à une secrétaire médicale qui a présenté des troubles physiques à la suite d'une vaccination contre l'hépatite B, une obligation du code de la santé publique, selon l'arrêt que s'est procuré ce mardi 26 décembre l'AFP.
La secrétaire médicale, âgée de 64 ans, a été soumise à une vaccination obligatoire contre l'hépatite B en mai 1994 avec trois rappels. Elle a présenté, à partir du mois de juillet 1994, des troubles physiques, notamment des douleurs musculaires et une fatigue généralisée.
Le lien de causalité "doit être regardé comme établi"
Le tribunal administratif d'appel de Nantes a imposé "la somme mise définitivement à la charge de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam) au profit de Mme L. [...] fixée à 190.751,19 euros", selon la décision rendue vendredi 22 décembre. L'Oniam devra verser également 1.500 euros de frais de justice.
Un jugement similaire en mai 2016 de la cour administrative d'appel de Lyon avait conclu de même en faveur d'une auxiliaire puéricultrice de 65 ans, atteinte de myofasciite à macrophages et en arrêt maladie depuis six ans. La plaignante, qui exerçait à Echirolles dans l’Isère, n’avait jamais été payée, rapportait "20 Minutes".
La justice a ordonné qu'elle perçoive ses salaires. Vaccinée une première fois en 1993 dans le cadre de son activité professionnelle, puis une seconde fois en 1999, elle a ensuite commencé à développer les premiers signes de la maladie.
Parallèlement, en mars 2016, la justice a conclu une instruction de 17 ans par un non-lieu quant à un lien entre le vaccin contre l'hépatite B et certaines maladies neurologiques comme la sclérose en plaques.
https://www.nouvelobs.com/societe/20171226.OBS9782/malade-apres-un-vaccin-contre-l-hepatite-b-elle-fait-condamner-l-etat.html
Une de mes patientes attendait cela: sa mère a eu une sclérose en plaque suite à la vaccination de l'hépatite B, elle-même a été obligée de se vacciner pour travailler et a la maladie. Elle ne s'est encore jamais fait indemniser. Je vais la contacter.

dimanche 24 décembre 2017

Conduire ou téléphoner il faut choisir

Parfois les  conducteurs ayant eu un accident s'enterrent eux-même: un avocat m'a raconté qu'un conducteur avait eu un accident qui avait causé un gros préjudice physique au conducteur adverse. 

Comme la loi part du principe que "la route c'est dangereux", le mécanisme de la réparation des victimes  est balisé, grâce à la loi Badinter et les conducteurs en règle générale ne vont plus en prison, les assurances paient. 

Mais il y a des benêts qui feraient mieux de tourner 7 fois la langue dans leur bouche avant de parler: le juge a demandé à ce conducteur (qui était accompagné de son avocat), au bout d'une demi-heure d'audience: "Mais re-racontez-moi votre accident, je n'ai pas tout compris!
- Et bien, le téléphone a sonné, je l'ai pris pour répondre que je ne pouvais pas téléphoner, que j'étais en voiture et crac ..."
Le pauvre avocat était atterré! Ce ne sont pas les assurances qui ont payé je pense, c'est le conducteur! Il en a pour un certain temps (ou un temps certain)  à se serrer la ceinture.

jeudi 21 décembre 2017

Comment démarrer la procédure de réparation?

Je vous fais le schéma: une victime est sur son lit de souffrance, une jambe en moins par exemple. Elle se dit: "comment vais-je assumer mes obligations financières si je ne peux plus faire mon travail? Et mes enfants, leur avenir? Comment peut-on m'aider et qui? 

Tout un tas de questions en suspens, indépendamment des soucis médicaux qui sont aussi très présent. 

Le problème peut ressembler à une pelote de laine bien serrée dont on n'a pas repéré le fil qui dépasse. 

La facilité est de se dire "les assurances vont gérer, elles savent". Juste que  les assurances ne vivent pas à la place de la victime, et si la victime ne s'aide pas, on va rentrer dans des complications qui n'ont pas lieu d'être.

La victime n'a pas à être "comme une coquille de noix ballottée dans  l'océan juridique". 

mercredi 20 décembre 2017

Les Souffrances endurées

Les souffrances endurées, comme spécifié il  y a quelques temps sur le blog, ce n'est pas "aïe aïe aïe j'ai eu mal!"
Enfin si, mais ce n'est pas que cela: il y a aussi des souffrances morales, par exemple l'amputé qui doit se faire aider par son épouse jusque dans les gestes intimes et en souffre au quotidien.
Le nombre d'interventions sans, ou surtout avec anesthésie générale est primordial. 

 Mais notion de souffrance est très personnelle, chacun ressent différemment les choses: une victime va tolérer sans problème de se faire refaire les dents cassées par un accident, l'autre va trouver que les consultations chez le dentiste sont une vraie torture. A l'expert d'affiner les choses.

Les souffrances endurées se mettent sur une échelle de 0 à 7.  Et 2/7 n'est pas un peu plus que 1/7, on n'est pas dans une échelle additionnelle.  7/7 on est par exemple chez les grands brûlés. 

Une de mes victimes avait eu, lors d'un accident les deux os de l'avant-bras en compote: elle a eu deux interventions, des broches: 4.5/7. 
Mais c'est subjectif et peut-être qu'un autre expert n'aurait pas eu la même évaluation.

Un autre point: le type qui ne peut plus avoir une "vie d'homme normale" avec madame durant la phase de convalescence, cela ne se met dans aucune case. Et pourtant c'est une réalité. 
Mais ceci est intégré dans un autre poste.  Mais en aucun cas cette dimension n'est à négliger. 

samedi 16 décembre 2017

La bonne attitude devant l'expert

Souvent les victimes, d'accident de la route le plus souvent viennent me demander conseil après une expertise. C'est très bien.
C'est mieux avant: on aura préparé le dossier, l'expert n'a qu'à conclure et aucun poste de préjudice n'a été oublié. (les loisirs ou l'incidence sexuelle  par exemple) 

Alors qu'après: on a demandé une expertise contradictoire car les conclusions n'ont pas été favorables;  la victime est présente avec moi devant l'expert. Au tout début de l'expertise, on se contorsionne un peu sur notre chaise genre envie bien pressante, pas très à l'aise  à l'idée d'avoir mis en tort ce grand médecin. Mais étant donné que la procédure est balisée, c'est une technique bien précise , l'atmosphère se détend.

Parfois je propose le truc  "cirage de pompes" quand la victime est très anxieuse ou que l'expert n'a pas un abord facile : "vous lui dites que vous étiez émotionné, que vous avez oublié de tout lui dire, que votre mère est décédée l'avant-veille (c'est arrivé à une de mes victimes et l'expertise a été un fiasco), que vous avez complété votre dossier que vous avez confiance en sa grande probité et compétence et que vous passeriez bien sous la table pour lui prouvez votre gratitude , (on arrête, ce n'est pas tout à fait  bienséant)!

Mais mettre en tort un expert en attaque frontale façon boxeur cocaïnomane , c'est la chose assurée pour repartir "la queue basse". 






mardi 12 décembre 2017

Pour vacciner contre la grippe, la MSA teste des entretiens motivationnels avec des infirmières

La population des seniors âgés de 65 à 69 ans ne se vaccine contre la grippe qu'à hauteur de 53 % en 2016. Pour motiver cette population vulnérable, cinq caisses de la MSA (Loire-Atlantique/Vendée, Berry/Touraine, Dordogne/Lot-et-Garonne, Limousin et Nord-Pas-de-Calais) ont lancé une expérimentation inédite. 
Entre mi-novembre et mi-décembre, elles ont chargé des infirmières de mener des entretiens motivationnels par téléphone auprès de 1 500 seniors primo-vaccinants...
https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/12/08/pour-vacciner-contre-la-grippe-la-msa-teste-des-entretiens-motivationnels-avec-des-infirmieres_853177
Il paraît que le vaccin contre la grippe serait relativement boudé. C'est bizarre, car ils ont mis le paquet cette année; même les pharmaciens, une fois une formation rapide faite, peuvent le pratiquer sur une chaise derrière le comptoir. 
Mais posons nous la question: si le vaccin marche aussi bien que ça, les patients devraient être convaincus non? 
On s'est rendu compte qu'en se brossant les dents régulièrement il y avait moins de caries, qu'en améliorant l'hygiène on diminuait fortement certaines maladies (tuberculose etc.). 
Les patients ont suivi. Mais pas pour les vaccins. 
Mais la pilule "on vous convaincra en vous obligeant à pratiquer 11 vaccins" ne passe pas. 
Encore une fois, les vaccins je ne suis pas contre, les contorsions et coups de marteaux sur la tête pour que les laboratoires écoulent leurs  produits me dérangent profondément. 

mercredi 6 décembre 2017

Johnny au revoir

La mort de Johnny me rend un peu triste. OK parce qu'il a chanté des choses merveilleuses, que mon fils a adoré son film "Jean-Philippe" et qu'il était capable de le reconnaître tout petit.   

Mais sa mort va détruire l'équilibre que des patients avaient: une de ses fan, pour supporter le quotidien l'écoutait (et continuera)  chaque soir, avait tous ses CD et DVD, des posters, des figurines. Il était un personnage clé de la famille et le mari n'avait pas le droit au chapitre. 
Et tant d'autres qui se sont habillés, coiffés comme lui, conduit une Harley... en 50 ans il a été une étoile directrice pour beaucoup, une sorte "d'étoile du Berger". 

Il faut avoir été médecin ou infirmière ou une autre profession entrant dans l'intimité des gens pour s'en rendre compte. 

Au revoir Johnny!

dimanche 26 novembre 2017

ne pas risque un double dommage

Parfois les victimes peuvent se dire "oh le médecin de victime, encore une dépense, et ce n'est pas sûr que l'on gagne plus au bout du compte". 
Ou
" j'ai eu un accident, j'ai fait l'imbécile, je n'aurais pas dû doubler sur une ligne blanche,  je suis handicapé, j'assume et je vais boire le calice jusqu'à la lie". 

Quelques arguments pour prendre quelqu'un qui va vous aider: 

- Les assurances calculent au plus juste; si on a oublié les frais kilométriques et d'autres faux frais, ce n'est absolument pas à elles de les réclamer, mais à la victime de tout fournir.

- Le  médecin de recours est remboursé dans les frais divers en cas d'accident avec un tiers fautif.
Si la victime est fautive, elle doit regarder son contrat. Par exemple les contrats des motards sont souvent très complets et le médecin de victime est pris en charge. 

-Le médecin de victime parle la même langue que le médecin expert, il peut argumenter. Il peut insister sur l'utilité d'un tiers qui devra s'occuper de la victime, sur des frais futurs éventuels (kiné, nouvelle opération...)

-Le médecin de victime a étudié le dossier, a examiné la victime, connaît évidemment mieux la victime que le médecin des assurances dans la plupart des cas. 

- Le médecin de victime a fait collecter par la victime et ses proches toutes les preuves nécessaires à l'expert pour évaluer complètement le préjudice. 

Compris! Vous avez besoin d'un avocat pour vous défendre, mais le préjudice corporel, c'est très spécifique et technique et nécessite la présence d'un professionnel médical.




lundi 20 novembre 2017

Com-mu-ni-quer avec les familles

Mes professeurs nous avaient prévenus que beaucoup de plaintes concernant l'hôpital venaient d'un défaut de communication.  Cela peut aller de l'infirmière qui n'est pas au courant du dossier et qui balance des bêtises "oui, il a eu une fracture de côte", alors qu'on la cherche encore sur la radio, à "il est mort, c'est la fatalité". 
Et comme la famille a eu à  redire sur les soins et le comportement du personnel, n'a pas compris toute la démarche médicale, elle porte plainte. 
Les infirmières n'ont pas le droit de dire le diagnostic ni le traitement médical, certains internes sont trop occupés pour parler à la famille "moi je fais de la médecine!" le médecin chef a aussi beaucoup de travail et personne ne s'arrête, pris de pitié pour la famille qui attend la moindre petite information. 

OK, dans l'absolu c'est une perte de temps de parler à la famille, c'est le malade qui compte. D'ailleurs on organise de grands staffs avec toute l'équipe pour décider de la marche à suivre.

Pendant ce temps dans le couloir  la famille réclame avec insistance des éclaircissements. Dans le meilleur ( pour qui?) des cas elle abandonne, dans le pire elle porte plainte. 
Que de temps, de larmes gaspillés!

Et pitié, pas le psychologue ni un autre intervenant extérieur: c'est au médecin de perdre, gagner du temps futur en expliquant les tenants et les aboutissants.

Ce n'est pas la peine d'encombrer les CCI (commission de conciliation et d'indemnisation) avec des bêtises ce ce genre. 




mardi 14 novembre 2017

dimanche 12 novembre 2017

Les patients jugent leur médecin

Je suis allée par hasard sur les pages jaunes et ai vu trois avis me concernant: deux 5/5, et un malotru 3/5! Pourquoi venait-il en consultation avec son épouse et ses deux enfants alors? Certains médecins ne seront-ils pas plus compétents à ses yeux? Ou alors il est maso, ou alors il se dit "faute de grives on mange des merles".

Je propose que l'on fasse un site où l'on met une note à chacun de ses patients.  Et pour lui ma note d'appréciation serait peut-être : "je ne suis pas à l'aise avec ce patient car il ne se livre pas entièrement, et alors je n'ai pas toutes les billes pour le soigner convenablement". Vrai ou pas. J'ai l'habitude d'avoir des patients, quand ils ne sont pas contents, qui disent à leur façon: "docteur, vous me faites iech"  Et j'espère qu'il me lira.

Cette utilisation d'internet n'est pas agréable. 

vendredi 10 novembre 2017

expertise-contradictoire amiable-contreexpertise dans l'ordre

Lorsqu'une victime est victime d'un accident de voiture, par exemple elle souffre de plusieurs fractures au pied:
Elle va voir un expert mandaté par l'assurance au bout de quelques mois (sa propre assurance quand il s'agit d'un petit préjudice, l'assurance adverse quand le préjudice sera supérieur à 10%). Ceci est balisé, gratuit, inclus dans la réparation juridique.
Si elle n'est pas satisfaite de l'expertise  (monsieur l'expert a oublié le fait qu'elle a dû se faire aider durant six mois par exemple et elle a mal au dos suite à l'immobilisation, et ne peut plus faire de football), elle en fait part à l'assurance.

L'assurance va parfois répondre "on va diligenter une contre-expertise". Et les 800 ou 1000 euros que l'expert va demander sont à sa charge.

Ou bien, le schéma logique est légal est : une expertise contradictoire.  Le premier expert est présent, un médecin de recours et la victime. C'est encore gratuit. Les honoraires du  médecin de recours sont incluses  dans les frais divers.

Si la victime n'a pas réussi à se faire totalement comprendre, que les préjudices paraissent sous-évalués, elle peut demander une contre-expertise, qui elle, sera payante.
Ou bien l'assurance peut décider de faire appel à un arbitre, et la victime paie la moitié de l'expertise. 

Je n'avais pas fait attention il y a un an, mais une de mes victimes a failli se faire avoir. Heureusement, elle a réclamé, l'assurance s'est fait prier durant quelques mois, puis a cédé.

C'est juste légal.






C'est juste légal. 

jeudi 9 novembre 2017

préparer son expertise

Vous ai-je déjà dit qu'il faut préparer sa réparation en amont, bien en amont du passage chez l'expert?

C'est bien simple, vous allez voir un spécialiste, certificat.
Vous avez une ordonnance, vous la scannez et photocopiez.
Vous trouvez que votre certificat médical initial est un peu léger: vous vous précipitez chez votre médecin le plus vite possible pour rajouter les préjudices: par exemple une fracture du bras, on n'oublie pas les dermabrasions, les douleurs du genou, les hématomes, les douleurs costales qui peuvent traduire une fracture.


Pourquoi? L'expert va construire son raisonnement et son compte-rendu d'après le certificat médical initial.

Donc, pour enfoncer le clou: Le certificat médical initial  est la prunelle de vos yeux.

Pour ceux qui n'ont pas eu ce certificat complet, il y a toujours moyen de demander le bilan initial aux pompiers, ou le dossier d'hospitalisation.
Par exemple, le genou n'a pas été marqué sur le certificat,  mais une infirmière a noté la douleur au genou durant l'hospitalisation. 

N'oubliez pas, votre bonne fois ne suffit pas, il faut des preuves. Pas toujours facile mais payant. 

vendredi 3 novembre 2017

Prescrire moins pour soigner mieux, le nouveau défi de la médecine


Née aux Etats-Unis en 2012, l’initiative « Choosing Wisely », qui pousse les professionnels de santé à diminuer les prescriptions médicales, s’étend dans une vingtaine de pays, dont la France. Une philosophie pour lutter contre l’hypermédicalisation, tout en soignant mieux.
LE MONDE |  |Par 
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A doctor monitors an X-Ray at the Argenteuil hospital in the suburbs of Paris on July 22, 2013. AFP PHOTO / FRED DUFOUR / AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Ne pas demander de radiographie pour un mal de dos évoluant depuis moins de six semaines, sauf en cas de signaux d’alarme ; ne pas utiliser en routine des antibiotiques ­locaux sur une plaie chirurgicale ; ne pas pratiquer de frottis cervico-vaginal chez les femmes de moins de 21 ans ou qui ont eu une ablation de l’utérus pour une maladie non cancéreuse… Bref, prescrire moins et à meilleur escient examens complémentaires, médicaments et autres traitements médicaux ou chirurgicaux.
Voici la philosophie du programme américain « Choosing ­Wisely » (« choisir avec soin »), qui comporte quelque 500 recommandations destinées aux professionnels de santé et au public. L’initiative, qui a démarré en 2012, se décline dans une vingtaine de pays dont le Canada, le Brésil, l’Australie, l’Inde, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, et la France.
Une évolution de la culture médicale venue du terrain
Avec cinq ans de recul, trois chercheurs de l’université du Michigan tirent un premier bilan du volet américain du mouvement dans la revue Health Affairs de novembre. « Choosing Wisely a été motivé par l’idée que les professionnels de santé et les sociétés savantes devraient prendre l’initiative de définir quand des tests ou des traitements ne sont pas nécessaires ou qu’ils sont délétères,expliquent Eve Kerr et ses deux coauteurs. L’accent a été mis en grande partie sur le changement de la culture médicale, qui a longtemps épousé la croyance qu’en matière de soins, le plus est le mieux. »
Une évolution de la cultu­re médicale qui passe aussi par la sensibilisation des patients à cette lutte contre l’hypermédicalisation.
«  Il s’agissait d’éviter le gaspillage sans limiter les soins nécessaires aux patients.  »
L’idée est partie d’un article paru dans le New England Journal of ­Medicine,en 2009, « pointant la ­nécessité d’une démarche éthique autant qu’économique pour accompagner la réforme du système de santé, résumait..
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/11/01/prescrire-moins-pour-soigner-mieux-le-nouveau-defi-de-la-medecine_5208783_1650684.html

Comme quoi  c'est faisable. 
Je me suis évertuée durant 22 ans à accomplir cela contre vents et marées, même si certains médecins du canton me trouvaient un peu étrange. C'est  leur ressenti. Mais si je ne pratiquais pas une médecine "soft" comme je l'imaginais, au niveau bien-être mental cela n'aurait pas été ça. 




dimanche 29 octobre 2017

LE DÉPARTEMENT DE SAÔNE-ET-LOIRE VA RECRUTER 30 MÉDECINS GÉNÉRALISTES !


 La Saône-et-Loire va innover en matière de santé : à la rentrée 2017, le Département entend lancer le recrutement d’une trentaine de médecins généralistes qui seront répartis sur l’ensemble du territoire, en plus d’un projet de création d’un centre de santé départemental. Une première en France !

 LUTTER CONTRE LA RARÉFACTION DE MÉDECINS
 En Saône-et-Loire, la densité de médecins généralistes est, depuis plusieurs années, nettement inférieure aux densités régionale et nationale. Au 1er janvier 2016, la Saône-et-Loire compte 635 médecins généralistes, libéraux ou salariés, ce qui représente une densité de 110,4 médecins pour 100 000 habitants alors qu’elle est de 125,6 en région et de 132,1 en France.
 Le Département a mis en place dès 2013 le dispositif installeunmedecin.com afin de favoriser l’installation et le maintien des professionnels de santé dans son territoire à l’aide notamment de mesures financières.
 Au total, depuis sa mise en place, le dispositif installeunmedecin.com compte 92 bénéficiaires d’aides financières (28 en 2016) pour un montant total de crédits engagés de près d’un million d’euros. Mais pour redynamiser les dernières initiatives, le Président du Département, André Accary, a annoncé ce lundi 19 juin, sa volonté de recruter une trentaine de médecins généralistes qui seront répartis sur l’ensemble du territoire, avec un salaire fixe et en équivalent temps plein (ETP). 

 UN CENTRE DE SANTÉ DÉPARTEMENTAL COMME BASE OPÉRATIONNELLE 
 Pour accueillir les futurs médecins « départementaux », le Département a lancé un projet de création d’un centre de santé départemental afin de proposer une réponse coordonnées et garante de l’équité territoriale.
 Pour André Accary, le centre permettra de « donner un certain confort à des candidats, avec contrat de travail, et une unité centrale pour la gestion [pour que] le médecin recruté fasse son métier, c’est-à-dire consulter et être décharger des tâches administratives ».
 Cette expérience permettra notamment : D’apporter une réponse souple et rapide aux besoins des Bassins de vie frappés par la désertification médicale ; De constituer une offre attractive, avec des conditions d’exercice adaptées sans générer de concurrence entre les collectivités locales ; D’améliorer la réponse sanitaire aux besoins croissants ; Liés au vieillissement de la population. En souhaitant être le premier à expérimenter la création d’un centre de santé à l’échelle de son territoire, de recruter directement des médecins généralistes, l’objectif de la Saône-et-Loire est clair : faire de la santé une mission départementale.
http://www.departements.fr/departement-de-saone-loire-va-recruter-30-medecins-generalistes/

On pourrait penser " chic en vlà une bonne idée de la Saône et Loire!"
A part que des confrères de:
- Isère
- Lille
- Essone
- Aisne, le 80
- Alsace
 au moins l'ont reçue.
C'est une mise à mort de la médecine générale à petit feu et les confrères, vous ne vous en rendez pas compte? Tout est fait pour nous faire rendre notre tablier et installer ces futurs médecins en CDI! 
Vous êtes des mammouths, et la Sécu ne veut plus de cela. (on se fiche en passant que vous soyez compétents et corvéables à merci). 

mercredi 25 octobre 2017

On juge du préjudice, pas de son traitement

Un avocat m'a rappelé une règle en expertise, je vais l'illustrer:

Une femme s'est fait violer dans des conditions très difficiles. Elle en fait une dépression. Comme elle ne veut pas de traitement classique, elle se tourne vers la réflexologie plantaire, la méditation, et d'autres moyens non éprouvés. 

Un an après elle a son expertise; monsieur l'expert, établi la réalité des séquelles, quantifie les préjudices,  mais il ne lui appartient pas de décider  si elle aurait dû se faire soigner à coup d'anti-dépresseurs. Evidemment il peut le dire mais l'attitude de la patiente, sa façon de gérer sa dépression  ne doit pas influer sur la réparation du préjudice. 

Il est bien évident que si quelqu'un attrape un cancer à cause d'un produit toxique et qu'il se soigne avec des moyens naturels, il n'y aura plus personne pour aller à l'expertise. On pourra indemniser le préjudice financier et psychologique des proches et les frais d'obsèques. C'est un choix. 

lundi 23 octobre 2017

Différence généraliste-médecin de recours

Que fait un médecin de recours qui est fondamentalement différent d'un médecin généraliste?

Le médecin généraliste ausculte bien évidemment, fait un diagnostic, donne un traitement, prescrit des examens complémentaires dans le but de soigner. Un but moindre mais souhaitable est de soulager, de prolonger la vie en cas de maladie grave  le plus confortablement possible.

Le médecin conseil de blessé ausculte, fait un diagnostic, demande des examens complémentaires s'ils peuvent donner une preuve supplémentaire du préjudice de la victime. Son but est que la victime se sente reconnue et soit réparée, et qu'elle puisse, au moins financièrement être dans le même état qu'avant l'accident. 

Ça tombe bien que cela soit mon nouveau métier; lorsque j'étais généraliste, j'adorais partir à la chasse au diagnostic.  Mes patients savaient que je ne lâcherais pas l'affaire avant d'avoir compris.  Et j'utilisais tous les moyens, y compris le fait que le patient soit un acteur actif de cette recherche. 
Pour convaincre un expert, il faut toute cette ténacité. car sinon on peut arriver à : "la victime a mal à la tête, elle est hystérique, on n'en parle plus", et la victime  n'est pas reconnue comme telle.


dimanche 22 octobre 2017

Toujours faire valoir ses droits

Parfois les victimes arrivent, un peu dépitées de n'avoir eu une proposition  que  de  500 ou 1000 euros "pour solde de tout compte"  de leur assurance alors qu'elle se sont arrêtées plusieurs semaines et ont engagé des frais: les kilomètres, l'ostéopathe, les médicaments non remboursés, la garde d'enfant supplémentaire. De plus elles ont parfois une cicatrice, elles ont du marcher avec une canne, coucher au rez-de-chaussée pour plus de commodité et j'en passe etc.

J'en ai parlé à un avocat; il m'a répondu: "les assurances proposent au mieux un cinquième de la somme réelle, cela vaut le coup de se défendre".

La victime à laquelle je pense n'avait même pas eu d'expertise pour évaluer ses préjudices. Alors elle en a demandé une expertise. La personne des assurances a tenté de l'en dissuader "vous comprenez, cela sera long, pour un résultat qui n'en vaut peut-être pas la peine".

Allez, on part sur le terrain   dans la gadoue avec le fusil et les rations de survie , ma victime et moi.
Et moi je suis aussi remboursée.

Pourquoi ne pas "s'offrir" les services du médecin de victime?

jeudi 19 octobre 2017

faire la queue c'est thérapeutique

Autre contrée autres mœurs: partout dans les administrations on fait la queue. Quand ça ouvre à 8 h, il y a déjà du monde à 6h45, pour qu'ils soient sûrs de prendre un ticket de passage et revenir dans la matinée.
Cela favorise le lien social, ça cause, finalement le temps passe vite. Je suis déjà tombée sur un nostalgique de la Guadeloupe d'autrefois qui m'a raconté toutes les péripéties du marché de l'ananas!

Bref, une de mes victime a vu son médecin traitant qui l'a trouvée un peu déprimée. "Allez-donc à la poste conseille ce dernier.
- Pourquoi?
- Pour y voir du monde pardi!"

Je peux confirmer, la poste, on attend. Il y a même des marchand ambulants postés (!") devant pour y faire des affaires.

vendredi 13 octobre 2017

PRESCRIRE UN ARRÊT DE TRAVAIL SANS VOIR SON PATIENT


C’est possible… à Singapour
Système de santé | 10 octobre 2017 | Adrien Renaud

Une startup médicale singapourienne propose à ses clients un nouveau service : les arrêts de travail par téléconsultation. La porte ouverte à toutes les fenêtres ? Pas vraiment : comme toujours dans la cité-Etat, les choses se passent de manière très contrôlée.


On entend déjà le directeur de l’Assurance Maladie pousser des hauts cris. « Quoi ? Des arrêts de travail en ligne ? Mais c’est de la folie ! », hurle-t-il depuis ses bureaux montreuillois. Que Nicolas Revel se rassure. MyDoc, la startup qui propose ce nouveau service, n’officie (pour l’instant) qu’à Singapour. Et de toute façon, les médecins qui travaillent pour elle sont étroitement surveillés.

Inaugurés l’été dernier, les télé-arrêts de travail ne sont en effet pas un produit offert aux particuliers, mais aux entreprises. Et ce afin de réduire le risque d’abus, précise au site spécialisé Tech In Asia le vice-président de la startup en charge du marketing, Terng Shing Chen. En clair : les informations concernant la téléconsultation sont directement transmises aux RH de l’employeur, qui peuvent suivre en direct la « consommation » d’arrêts de travail de chacun de leurs salariés… et donc y mettre un terme quand elles le désirent.
Et en France ?
Bien sûr, il est à ce stade impossible d’envisager un tel système en France. « Aujourd’hui, dans notre pays, il faut faire un examen médical pour déterminer le type de pathologie dont souffre le patient que l’on veut arrêter », remarque Michèle Laporte, présidente de Medicat Partner. Cette société dit avoir pour objectif de lutter contre l’absentéisme en entreprise, et revendique la deuxième place sur le marché du contrôle des arrêts de travail avec un réseau de 3 500 médecins sur tout le territoire qui vérifient, à la demande des employeurs, leur bien-fondé.
Mais si l’entrepreneuse pense que les mentalités françaises ne sont pas encore prêtes pour les télé-arrêts de travail, notamment parce que les salariés les plus âgés ne les adopteraient pas, elle estime que le jour viendra où ils seront la norme. « On ne peut pas aller contre l’évolution et le progrès », philosophe-t-elle. Somme toute, Nicolas Revel ferait peut-être bien de s’intéresser à la question.
http://www.whatsupdoc-lemag.fr/actualites-article.asp?id=21957

On n'arrête pas le progrès.

jeudi 12 octobre 2017

Doléances

On va s'attaquer aux doléances;
D'abord ce mot veut dire "de quoi vous vous plaignez, de quoi vous souffrez".
Cela vient de Dolere, souffrir en latin. (cela concernait autrefois les pauvres paysans qui payaient trop d'impôts)

Quand vous allez voir l'expert, vous écrivez de préférence un truc assez concis, une feuille format A4, genre:
- je ne peux plus marcher,
- je fais des cauchemars,
- je souffre de la tête, des pieds, du dos,
- avec ma femme la bataille est perdue avant de démarrer,
- avec mon mari c'est comme boire un verre d'eau, 
- je dois prendre des béquilles, 
- je  me trouve moche avec ma cicatrice, j'ai peur de ne plus plaire,
- Je sens que l'on parle dans mon dos parce que je boite, 
etc. 

Surtout l'historique n'est pas utile pour cette partie, le dossier est là pour en parler. 
Et votre épouse (x) ne doit rien vous souffler non plus: c'est votre écrit, ce que vous vivez. 

Démarrez-le dés la date de l'expertise connue , cela vous permettra de le peaufiner. 

Une de mes victimes avait des maux de tête fréquents, le jour de l'expertise il n'y en avait pas; comme elle n'avait pas démarré ses doléances avant, elle a oublié d'en faire mention. C'est ballot. 

Et pas de longues phrases grammaticalement correctes mais qui rebuteront l'expert. Et si il y a plus de trois pages, ce médecin dira en les mettant de côté: " je les lirai plus tard", ce qui veut dire jamais. 

A vos claviers!

mercredi 11 octobre 2017

Ne pas sous-estimer l'expert

Si on doit avoir une réparation convenable de tous ses préjudices, on ne peut pas non plus emmener l'expert en bateau: je me souviens avoir tenté d'expliquer à l'un d'eux que mon client ne pouvait que difficilement conduire, qu'une conduite automatique serait fortement appréciée.
Et que ma victime n'avait pas pu conduire durant des mois après son accident.

Or durant l'expertise, monsieur l'expert a ressorti un papier de l'assurance disant que la victime avait eu un léger accrochage en voiture durant ses soins!
Le benêt avait déclaré l'accident!

Indéfendable! L'avocat comme moi-même en sommes restés comme deux ronds de flan! On ne le savait pas!

C'est du même genre que le travailleur postant sur FB ses photos de vacances à Cuba. Et en plus quand je le contrôle et que le courrier déborde de la boite aux lettres, son compte est bon.

Les experts ne sont  pas des  nigauds, faites circulez!

lundi 9 octobre 2017

AAAVAM la newsletter



LAS VEGAS
CRIMES SOUS TRANQUILLISANTS comme je l’avais mentionné dans un précédent message, le « Valium » est indubitablement à l’origine de cette tuerie qui a fait 59 morts, la préparation minutieuse de son acte et la préméditation sont les signatures de cette drogue légale.
La préméditation suivie d’un passage à l’acte a été organisés par des doses thérapeutiques et même et surtout à faibles doses : « la dose ne fait pas le poison » !
59 victimes seulement, en effet le drogué légal aurait pu imaginer d’autres moyens de destruction que des armes à feu, moyens que je préfère ne pas citer pour ne pas donner des idées à d’autres psychotiques, ou tout simplement à des personnes déprimées soignées avec des anxiolytiques (tranquillisants et somnifères) qui ne sont pas les traitement des dépressions.
A noter un certain « embargo » de la presse, silence très habituel des rédactions concernant les drogues légales et illégales lors de passages à l’acte suicidaires, et aux tueries de masse.
À Marseille la « cocaïne » a été citée comme ayant favorisé le passage à l’acte du « djihadiste », deux jeunes victimes égorgées et poignardées, ce qui correspond aux déclarations d’un psychiatre lors d’une réunion de l’AAAVAM « l’addiction et la dangerosité de la « cocaïne » sont moindres que pour les « Benzodiazépines » !
Grande différence les Benzodiazépines sont remboursées par la Sécurité Sociale, même lorsqu’elles sont ordonnées par des médecins dealers en dehors de A.M.M. avec la bénédiction de l’ANSM (Agence de Sécurité Sanitaire !
Je rappelle aux Autorités de Santé que la distribution de psychotropes pouvant modifier le psychisme à des groupes de population, est pénalement répréhensible, ce comportement criminel est imprescriptible.



Association D'Aide Aux Victimes des Accidents de Médicaments
Tél. 01 41 10 87 00 

www.aaavam.eu

dimanche 8 octobre 2017

Exposition 57

Pointe-à-Pitre. Vendredi 22 Septembre 2017. CCN.

 L’Association Waren Errin, avec le soutien de Coppet avocats, la ville de Pointe-a-Pitre, CCI Iles de Guadeloupe et le collectif Artway, présentent [57] du 25 au 30 septembre au Pavillon de la ville de Pointe-à-Pitre.
Le chiffre 57 symbolise à la fois :
• le nombre de tués sur nos routes en 2016,
• le nombre d'acteurs de la société civile qui ont décidé de se mobiliser pour tirer la sonnette d'alarme,
• le nombre d’œuvres originales de créateurs, peintres, photographes et sculpteurs guadeloupéens de renom qui se sont mobilisés pour le projet.
Ensemble, ils proposent cette opération de sensibilisation sur les dangers de la route et leurs conséquences qui s’articule autour :
• d’une exposition
• d'un livre
Pour que chacun agisse ! L’exposition est gratuite et libre d’accès. Une nocturne se tiendra le Les bénéfices de la vente du livre iront à l’association Waren Errin pour ses actions de sensibilisation.



Guadeloupe. [57] - L’expo, le livre…
http://www.caraibcreolenews.com/index.php/service-presse/item/11049-guadeloupe-57-l-expo-le-livre

Et voilà le département dans lequel je vis: chaleureux, convivial mais aussi dangereux: quand j'amène mon MiniRambo à l'école à 300 m, c'est une opération à haut risque, il n'y a pas de trottoir, les bouchons sont permanents, s'il pleut on marche dans la gadoue, on regarde devant- derrière- à gauche- à droite en permanence parce que cela déboule dans tous les sens.  
Et c'est en plein centre de la ville! 
Il y a des policiers compétents qui font traverser les enfants mais ce n'est pas assez, juste il n'y a pas de trottoir!!! La rue est aux voitures.
Et dans mon quartier il n'est pas rare que des cyclistes, des motos soient renversés, en gros c'est la fatalité.
Si cette exposition a été créé, c'est pour donner conscience qu'il faut changer quelque chose.

Certaines personnes un peu vénales vont dire que cela me fait du travail... mais voir les gens se faire renverser devant ma porte, il y a d'autres choses plus gaies. 




jeudi 5 octobre 2017

Nu devant l'expert

Quand on va chez l'expert, il faut se montrer "tout nu" en quelque sorte et ne pas faire l'homme fort qu'on n'est pas.  Ça ne rime à rien et surtout l'indemnisation sera moindre.

Un avocat m'a rapporté cette anecdote: il avait accompagné en expertise une victime, un accidenté de la route qui  avait des problèmes sexuels depuis, en gros, il ne se passait plus rien.

Et il est arrivé en expertise avec son assistante, une extrêmement jolie jeune femme. 
La question est arrivée, l'expert a demandé "et au niveau sexualité sa ou fé  (comment ça va) ?"
Et la victime, genre "coq français sur ses ergots" a répondu en lorgnant avec concupiscence sur la jeune femme: "Oh, sa ka maché"  (ça va). 

Foutu! 


Compris! Vous avez un préjudice, ne le minimisez pas devant l'expert!

lundi 2 octobre 2017

Cirage de pompes avant vaseline

Coup de fil ce matin: 
Docteur, je suis heureux de vous avoir au téléphone! Des patients m'ont beaucoup parlé de vous,  en bien évidemment. Il vous voient tout à fait avoir une table d'examen... Nous voudrions faire un partenariat avec vous... (un gros cirage de pompe qui précède toujours la vaseline et l'utilisation commune qu'on en fait.)
- C'est moi effectivement et j'espère que cette conversation est enregistrée car je vais vous dire un truc: je n'ai aucun patient en Guadeloupe, donc ils ne risquent pas de me faire de la pub.
- Ah bon? Mais vous avez un cabinet!
- Non monsieur, je suis arrivée il y a trois mois de métropole, je fais de la réparation juridique du dommage corporel..."
Mais ils ne reculent devant rien les VRP, surtout pas devant les mensonges les plus éhontés! Et il a continué à me parler comme si de rien n'était, il s'est intéressé à ce nouveau travail et patati et patata... n'empêche que je n'ai pas grande opinion, ce qui est un doux euphémisme, de toutes ces boites qui démarchent.

samedi 30 septembre 2017

S'assurer et surtout déclarer ses préjudices

Parfois les victimes ont des scrupules à porter plainte, parce que c'est le voisin et qu'on ne veut pas se mettre mal avec, c'est le cheval de la belle-mère qui lui a bousillé le pied (c'est la belle-mère, on se la ferme pour ne pas être mal avec madame), c'est le meilleur  copain qui a crevé un œil à son fils, et j'en passe.

OK, mais je leur réponds "à quoi servent les assurances que vous souscrivez? Ce sont des faits  qu'il faut déclarer".
Par exemple dans le cas de la perte d'un oeil, l'autre finit parfois par se fatiguer et cela peut aboutir à une catastrophe: plus de conduite, plus de travail, la cécité... 
Evidemment ce n'est pas obligatoire, mais j'ai un dicton "c 'est toujours quand on ne prévoit pas un truc, qu'il peut nous tomber dessus".
D'autant plus que les coupables ne vont pas en prison pour un préjudice non intentionnel (ça part en correctionnelle au bout de 90 jours d'Incapacité Totale de Travail). 

Alors s'assurer, c'est un premier pas, déclarer ses préjudices, tout aussi important. 

Comment l’absentéisme des salariés tue la sécurité sociale

        Et si l'absentéisme des salariés était l'une des causes principales du déficit de l'assurance maladie? Le PLFSS 2018 le rappelle une fois de plus: les indemnités journalières augmentent beaucoup plus vite que la dépense de santé en France.

  Pour bien comprendre l'un des vices qui affectent le plus notre système de santé, il faut mettre en parallèle le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 avec le rapport 2017 de la commission des comptes de la sécurité sociale et avec le panorama de la santé de la DREES dont est tiré le tableau ci-dessus.  Celui-ci montre que le coût des indemnités journalières depuis 2007 est passé de 11 à 14 milliards €, soit environ 30% d'augmentation en une dizaine d'années. Le rythme de hausse est ici bien plus élevé que celui des médicaments.

Si la France luttait contre l'absentéisme des salariés et revenait, bon an mal an, à la dépense de 2007, elle retrouverait un excédent structurel de son régime maladie. Rappelons en effet que ce déficit se situe bon an mal an entre 4 et 6 milliards €.
 Une réduction massive de l'absentéisme permettrait donc d'assainir une part importante du déficit du régime général. mais pourquoi l'absentéisme des salariés augmente-t-il autant? Comme le souligne la Commission des Comptes, la hausse des indemnités journalières contribue pour 23% à la croissance des prestations de soins de ville.

 Elles constituent donc un élément clé de la maîtrise des dépenses de santé et semblent, pour le coup, déconnectées de l'évolution tendancielle des dépenses de soins. La hausse de l'absentéisme s'explique en effet plus par des raisons internes à la vie des entreprises que par des raisons liées à l'état sanitaire de la population.

  Il serait ici cohérent que les employeurs soient responsabilisés dans l'évolution de l'absentéisme. Ils sont en effet les responsables finaux de cette situation. Cela ne signifie pas qu'ils rendent malades leurs salariés. En revanche, si l'absentéisme augmente deux fois plus vite que la dépense de santé, le phénomène ne peut s'expliquer que par des raisons spécifiques...

On notera que, dans le PLFSS 2018, la ministre Buzyn se montre extrêmement timide sur le sujet. Elle prévoit seulement 165 millions d'économies au titre des indemnités journalières, ce qui représente une très faible modération de la hausse prévue. Il serait de bon sens qu'un travail de conscientisation global sur le coût de l'absentéisme soit entrepris.  Sur ce coup-là, en effet, l'effet "passager clandestin" de la sécurité sociale joue à plein: il permet aux employeurs d'exporter sur la collectivité le coût de leurs pratiques internes et favorise ainsi le mal être au travail.
http://www.entreprise.news/labsenteisme-salaries-tue-securite-sociale/

Je n'ai qu'une chose à dire: tant qu'on sera gouverné par des enarques et des comptables, mais pas des gens qui réfléchissent à l'Humain, on est mal barrés.

vendredi 29 septembre 2017

Questionnaire de la Sécu


Madame, Monsieur,

Nos assurés nous interpellent régulièrement sur leurs difficultés d’accès aux soins dans l’Oise.

Face à la vraisemblable pénurie de médecins dans notre département, la CPAM de l’Oise vous donne la parole et lance une grande campagne d’appel à témoignages.

Votre vécu nous permettra d’illustrer la situation, le cas échéant, afin d’alerter éventuellement nos élus et pouvoirs publics.

Racontez-nous votre histoire, à savoir :
• Votre médecin a cessé son activité ou a quitté votre ville, vous avez des difficultés pour trouver un nouveau médecin traitant.
• Vous devez patienter plusieurs mois avant d’obtenir un RDV chez un médecin spécialisé.
• Vous avez renoncé à certains soins.
• Vous allez directement aux urgences.
• Vous vous faites soigner dans un autre département ou loin de chez vous.
• Vous n’avez pas été confronté(e) à des difficultés d’accès aux soins
• Etc.
Nous vous remercions par avance de votre participation. Votre contribution sera précieuse dans la recherche de solutions.
Très cordialement.
Le Directeur de la CPAM de l’Oise


Voici ce que j'ai reçu de la Sécu!!!
Mais c'est qu'ils s’inquiéteraient de la pénurie de médecin! Comme c'est attentionné de leur part!
J'ai fini d'être sous la férule de la Sécu et plus rien ne m'obligera à faire le moindre remplacement à fortiori une installation.
Je leur ai répondu que leur questionnaire était une blague. Genre, on frappe son bébé, puis "oh je t'ai fait mal mon chéri?". 
Stop  à l'illogisme. 
la Guadeloupe avec ses multiples plages, avec ou sans Hugo, Maria ou Irma c'est beau. 

dimanche 24 septembre 2017

Emilie Simon - Holy Pool Of Memories [Franky Knight]

J'ai eu envie de la faire partager, Emilie Simon a un univers très personnel que j'adore!

Syndrome frontal illustré

Un de mes patients, 70 ans me faisait moult compliments, à chaque fois qu'il venait. A part que quand son épouse venait, il se réfrenait!

Mais lorsqu'on était seuls, il m'avait  déjà pris dans ses bras, versé des tas de petites larmes "je suis trop émotif", il se plaignait parfois de son épouse qui ne le comprenait pas.  Il ne faisait plus rien si elle ne le motivait pas, il se laissait aller.  Et il n'avait pas conscience de ses problèmes. Il oubliait des tas de petits choses au quotidien en faisant état de sa distraction naturelle. 
Evidemment l'épouse étant présente, c'est elle qui recevait la mauvaise humeur de face: elle osait aller à la piscine avec ses copines tandis qu'il se reposait!!!  Ca méritait bien des torrents de larmes. 
Et moi non plus, c'était un peu nébuleux, surtout au début.  

Et puis un jour j'ai compris: C'était un syndrome frontal, tellement discret qu'il menait une vie de retraité paisible si l'on peut dire, entre son épouse et ses nombreux petits enfants. 

Le syndrome frontal est causé par, entre autres causes un AVC au niveau du lobe frontal. Il provoque une désinhibition, des émotions très changeantes, des troubles de mémoire.  

L'épouse a fini par comprendre et ne plus se mettre en colère contre lui, d'autant qu'il a cumulé des micro-AVC malgré un suivi neurologique et cardiologique, et qu'il n'est mahleureusement présentement plus là pour en parler. 



samedi 16 septembre 2017

vous avez un cancer, c'est 60 euros


 Les consultations dites « très complexes » seront encore plus chères : 60 € (toujours remboursées à 70 %). Il s'agit, par exemple, des consultations pour des maladies congénitales du fœtus ou encore en cas d'annonce du cancer. Les médecins justifient cette tarification élevée par des consultations compliquées et très longues.

La Sécurité sociale ne remboursant pas l'intégralité du prix de la consultation, cette augmentation va peser sur les personnes qui n'ont pas de mutuelle pour prendre en charge les 30 % du prix de la consultation qui restent à payer après le remboursement par la Sécu.

http://www.brujitafr.fr/2017/09/de-nouveaux-types-de-consultations-medicales-a-46-et-60-euros.html

Cette loi n'a pas été faite par des médecins. 

Vous vous imaginez dire à un patient: "vous avez un cancer, vous allez voir un spécialiste, c'est 60 euros"? J'ai du mal. 
Ou alors on peut enjoliver les choses, on peut devenir lyrique, verbeux, 

"Madame, sachez que la vie est une longue maladie qui finit toujours de la même façon, dont l'issue est toujours fatale etc. "

"Madame, vous avez un mari et de beaux enfants, qu'avez-vous besoin d'avoir encore un utérus dont j'ai eu les résultats de la biopsie. Cela ne va pas trop vous plaire, mais sachez que la médecine a fait de grands progrès etc."

"Monsieur, je suppose que les fariboles à votre âge se font rares, alors vous n'allez pas trop souffrir si je vous dis que la prostate est devenue votre ennemie et qu'il faut la retirer". 

Il faudra prendre des cours de rhétorique,  avoir des belles phrases comme les avocats pour justifier notre salaire. On n'a pas appris ça en fac.

J'espère que les médecins sont plus simples que ça: "madame vous avez une cochonnerie, les résultats ne sont pas très bons.

-Ah? Je suis bouleversée, malheureuse, que vais-je faire etc.
(on l'écoute gentiment et on compatit, ce n'est pas drôle du tout)
- Je vous envoie chez un médecin en  qui j'ai toute confiance. On va se battre, vous êtes d'accord?"

En 20 mn cela peut être fait, ou en plus de temps, et alors? Cela me choque de comptabiliser tout cela. 

  



mardi 12 septembre 2017

Un contrôle d'arrêt

Ce jour un contrôle d'arrêt de travail, un sac de prunes de Cythère!    Ça change du café, que les salariés m'offraient très souvent. On en fait du délicieux jus de fruit: 

- On les passe à la centrifugeuse après les avoir lavés puis coupés, on prend le fruit vert. 
-  on rajoute du sirop de canne
- un citron vert
- de l'eau 

Bon appétit!